Visiter le Parc de l’Orangerie à Strasbourg : mon guide complet

Mise à jour le 14/04/2026
orangerie-kiosque

S'il y a bien un lieu qui fait l'unanimité ici, c'est le Parc de l'Orangerie. Plus qu'un simple espace vert de 26 hectares, c'est le rendez-vous dominical sacré des Strasbourgeois, le royaume des cigognes et le théâtre d'une floraison printanière magique entre magnolias et cerisiers japonais. Mais ne vous y trompez pas : loin de s'endormir sur son passé impérial, le plus ancien parc de la ville s'est offert une véritable seconde jeunesse. Entre l'ouverture du nouveau parc pédagogique (qui remplace l'ancien zoo) et la renaissance du complexe de loisirs, l'Orangerie est plus vivante que jamais. Enfourchez votre Vel'hop, je vous emmène faire le tour de mon jardin préféré pour une balade entre histoire, nature et gourmandise.

Céline Honoré
Céline Honoré
Céline, Alsacienne pure souche, gourmande et passionnée de pâtisserie. Elle tient le blog L’Heure du Cream sur lequel elle distille ses recettes et ses idées de sorties outre-Rhin sur Knack&Rucksack, son site de tourisme de proximité pour vadrouiller tout près d'ici et un peu plus loin.

Comment aller au Parc de l’Orangerie ?

Accès en tram, bus et Vel’hop

Le Parc de l’Orangerie se situe au nord-est de la capitale alsacienne dans le quartier bourgeois qui porte le même nom, l’Orangerie. Bordé d’un côté par l’Ill, c’est aussi le fier voisin du Conseil de l’Europe.

Pour y accéder, vous pouvez prendre le tram (Ligne E, arrêt Droits de l’Homme) mais enfourchez plutôt un Vel’hop, je vous recommande vraiment la balade à vélo. Par le quai Mullenheim en provenance du centre-ville, puis prolongez le circuit jusqu’au quartier du Wacken, vous pourrez voir au passage le Parlement Européen et le siège de la chaîne TV Arte.

Banc au Parc de l'Orangerie à Strasbourg

À ne pas manquer sur le chemin : l’Église Orthodoxe russe

Si vous démarrez côté quartiers Neudorf /Esplanade, prenez la piste cyclable qui longe le quai des Belges et de la rue du général Conrad, la promenade y est vraiment très agréable. Sur votre route, vous aurez l’occasion de vous arrêter (et même de le visiter) devant un bâtiment assez insolite.

Avec sa façade blanche, ses toitures en pétales bleu glacier et ses bulbes dorés, l’Église Orthodoxe russe (Église de tous les Saints) ne passe pas inaperçue. Ce lieu de culte étonnant jouxte le Parc de l’Orangerie.

L’intérieur est tout aussi flamboyant, levez les yeux pour admirer le dôme central. Et couplez la visite avec un déjeuner à l’excellent restaurant slave le Dostoïevski: dépaysement garanti, et en plus il y a toujours de la place.

Eglise orthodoxe de Strasbourgrusse

Que faire au Parc de l’Orangerie ? Loisirs et activités

Que vous soyez un sportif, une famille en quête de distractions ou un couple en quête de romantisme, le parc de l’Orangerie offre mille et un visages. Voici comment profiter de ses 26 hectares.

Observer les animaux : des cigognes au projet Micado

C’est l’âme du parc : les cigognes. Strasbourg ne serait pas tout à fait la même sans elles, et l’Orangerie est leur quartier général: elles sont nombreuses à y avoir installé leurs nids.

Le spectacle est magique en période de reproduction (mars-avril) lorsqu’elles craquètent bruyamment au-dessus de nos têtes. A partir de fin avril/début mai, vous aurez peut-être aussi l’occasion de voir les cigogneaux dans les nids, ce qui est charmant.

Le pôle animalier a vécu une petite révolution en 2026. L’ancienne mini-ferme a laissé place à Micado (Maison d’initiation au comportement animal), un lieu géré par l’association Ethosph’R.

  • Une retraite paisible : Les nouveaux pensionnaires (mini-cochons, lapins, cochons d’Inde et poules) sont des animaux « réhabilités » issus de laboratoires scientifiques.
  • Observer sans toucher : Ici, le mot d’ordre est le respect. Contrairement à une ferme pédagogique classique, on n’entre pas pour caresser les animaux mais pour apprendre à décrypter leur comportement (l’éthologie).
  • Comment s’y rendre ? Attention, il n’y a plus de visite libre. Le lieu est accessible lors d’ateliers pédagogiques ou durant des créneaux spécifiques (généralement le 1er dimanche et le 3ème mercredi du mois) sur réservation via le site sortiesnature.org.

À noter : L’ancien zoo continue sa transformation pour devenir, à l’horizon 2028, un centre de soins pour la faune sauvage blessée. Le parc de l’Orangerie confirme ainsi son virage vers la protection animale et la pédagogie.

Cigognes nichées au Parc de l'Orangerie à Strasbourg

S’amuser en famille : voitures vintage et aires de jeux

L’Orangerie, c’est le paradis des enfants (et le salut des parents !). Le parc est parsemé de nombreuses aires de jeux adaptées à tous les âges, mais la star incontestée reste le circuit de voitures vintage. C’est une véritable institution locale : quel Strasbourgeois n’a pas de souvenir d’enfance au volant de ces petites voitures ?

Pour une pause plus calme, direction la cabane à livres, située à l’entrée du parc (au coin du Boulevard de l’Orangerie et de la rue François- Xavier Richter).. Ouverte durant la belle saison, elle propose une sélection polyglotte : parfait pour dénicher une histoire à lire à l’ombre d’un platane sans s’encombrer.

Si les nuages pointent le bout de leur nez ou que vos ados réclament un peu d’action, le nouveau complexe BAD Bowl est le refuge idéal. Entre les pistes de bowling (accessibles aux enfants), les billards et l’espace de jeux d’arcade, c’est la garantie de sauver l’après-midi si la pluie s’invite à la fête !

Détente et sport : canots, pique-niques et farniente

Pour les sportifs, le parc de l’Orangerie est un terrain de jeu exceptionnel. C’est le repaire des coureurs qui s’y pressent à la pause déjeuner ou en soirée. On y croise aussi des adeptes de yoga, de qi-gong ou même des funambules (slackline) testant leur équilibre entre deux arbres. En été, la ville y propose souvent des activités sportives gratuites (Zumba, stretching…).

Mais l’Orangerie, c’est aussi l’art de prendre son temps :

  • Le rendez-vous des pique-niques : Avec ses immenses pelouses, c’est l’endroit idéal pour poser sa nappe en famille ou entre amis. On y vient pour chercher la fraîcheur, bouquiner à l’ombre des arbres centenaires ou simplement « buller » dans l’herbe.
  • Pétanque et ping-pong : Pour prolonger l’après-midi, sortez les boules ou les raquettes ! Vous trouverez des espaces dédiés pour une petite partie de pétanque ou de ping-pong (pensez juste à ramener votre matériel).
  • Le lac et ses canots : C’est le « date » classique par excellence. Louer une barque pour ramer au pied de la cascade reste un incontournable pour admirer le Pavillon Joséphine depuis l’eau.
  • Le Temple d’Amour : Ce petit kiosque en bois à l’entrée du parc est le spot favori pour les séances photo des mariés… ou pour un bisou discret sous la charmille.
Lac et temple de l'amour au Parc de l'Orangerie à Strasbourg

BAD Bowl : le renouveau du mythique bowling de l’Orangerie

Le bowling de l’Orangerie a fait peau neuve sous un nouveau nom : le BAD Bowl (un clin d’œil aux prénoms des enfants du gérant, Brice, Arnaud et David). Fini le bâtiment vétuste, place à un écrin moderne qui redonne un coup de boost au parc, été comme hiver.

Que vous soyez un pro de la strike ou un joueur du dimanche, voici ce qui vous attend :

  • 32 pistes de bowling : Un équipement de pointe capable d’accueillir des compétitions internationales.
  • Espace jeux : Si vous n’avez pas la fibre « quilles », vous pouvez vous rabattre sur la salle de billard ou l’espace de jeux d’arcade.

Où manger au parc ? Les adresses gourmandes

À l’Orangerie, la balade digestive n’a jamais aussi bien porté son nom. Que vous cherchiez une table prestigieuse ou une petite douceur à grignoter sur un banc, le parc a de quoi combler tous les appétits.

Gastronomie : l’institution étoilée du Buerehiesel

Si vous voulez marquer le coup, c’est ici qu’il faut s’arrêter. Niché dans cette magnifique maison à colombages du XVIIe siècle (déplacée pièce par pièce depuis Molsheim, souvenez-vous !), le Buerehiesel est une table étoilée incontournable tenue par la famille Westermann. C’est une cuisine de haute volée qui fait honneur au terroir alsacien tout en élégance. Le cadre, avec sa grande verrière qui donne sur la verdure, est tout simplement magique pour une grande occasion.

Sur le pouce : le Glacier Franchi et le nouveau restaurant du bowling

Impossible de parler du Parc de l’Orangerie sans évoquer le Glacier artisanal Franchi. C’est le rituel sacré de tout Strasbourgeois qui se respecte !

  • En été : On fait la queue pour leurs glaces artisanales. Vous apercevrez leur camionnette sur le Boulevard de l’Orangerie mais il est également installé « en dur » au coin de l’Avenue de l’Europe.
  • En hiver : La camionnette laisse place à la locomotive qui change de menu et propose des marrons chauds qui embaument les allées.

En prime, le BAD Bowl propose une offre de restauration plus décontractée, idéale pour déjeuner après une partie de bowling ou pour prendre un verre en terrasse avec vue sur les canots. C’est une bonne option pour les familles qui cherchent un lieu vivant et accessible.

Patrimoine et Culture : les secrets des allées

Petite histoire d’un jardin impérial

La genèse du parc de l’Orangerie alimente encore les spéculations. S’il ne s’agissait au départ que d’une simple promenade de tilleuls, on attribue souvent son dessin à André Le Nôtre (1692). De cette époque, le parc conserve l’héritage du jardin à la française : une symétrie parfaite que l’on devine encore en arpentant l’Allée des Platanes ou l’Allée Joséphine.

Le secret du nom : des orangers et une Impératrice

Mais d’où vient le nom « Orangerie » ? Tout se joue en 1807 avec la construction du Pavillon Joséphine. Ce bâtiment servait d’abri hivernal à 138 orangers sauvés de la Révolution. Son nom est un hommage à l’Impératrice Joséphine de Beauharnais, femme de Napoléon, qui appréciait ses séjours à Strasbourg. Si les orangers ont tragiquement disparu dans un incendie en 1968, le pavillon a été reconstruit à l’identique et reste l’emblème du parc.

Pavillon Joséphine au parc de l'Orangerie à Strasbourg

Un bras de fer stylistique

L’histoire du parc de l’Orangerie est aussi celle d’un changement de look radical :

  • En 1830 : Le parc fait un pied de nez à la rigueur française pour adopter le style britannique. Les allées deviennent sinueuses et volontairement « désordonnées » pour plus de romantisme.
  • En 1895 : Lors de l’Exposition industrielle, le parc prend sa configuration actuelle. Sous l’impulsion des autorités allemandes, il double de volume et gagne son lac, sa cascade et sa célèbre ferme à colombages : le Buerehiesel.

Trésors d’architecture et sculptures à dénicher

Le parc de l’Orangerie est un véritable musée à ciel ouvert où les époques se mélangent. En vous perdant dans ses allées, vous tomberez nez à nez avec des édifices surprenants et des œuvres d’art chargées d’histoire.

Un patrimoine bâti hétéroclite

Du classicisme antique aux maisons à colombages, l’Orangerie surprend par sa diversité architecturale :

  • Le Pavillon d’Octroi : Un petit temple antique niché face au Conseil de l’Europe.
  • Le Monoptère : Un charmant kiosque en bois à l’allure romantique.
  • La Cabane des Pêcheurs : Située au bord du lac, c’est l’un des derniers vestiges de l’Exposition industrielle de 1895.
  • Le Pavillon Joséphine : Désormais lieu de réceptions et d’expositions, il reste la pièce maîtresse du patrimoine du parc.

Des œuvres de bronze et de pierre

Le parc recèle également de jolies pépites sculpturales qu’il s’amuse parfois à dissimuler :

  • La Gänseliesel (Lison aux oies) : Réalisée par Albert Schultz en 1898, c’est la doyenne du parc.
  • Hercule terrassant le lion : Une œuvre puissante d’Alfred Marzolff (1905) qui ne laisse personne indifférent.
  • Les amours du poète : Juste derrière le pavillon, cette sculpture plus contemporaine (1994) de Jean Claus apporte une touche de mystère avec son drapé et ses têtes d’anges.

Le lac : la colonne vertébrale du parc

On ne peut pas quitter l’Orangerie sans évoquer ses étangs et sa fontaine artificielle. C’est ici que le parc devient spectaculaire : l’eau s’écoule via un canal, franchit une terrasse en pierre et se jette dans le lac en une cascade majestueuse. Une grotte en rocaille et une passerelle séparent les deux plans d’eau, offrant sans doute l’un des endroits les plus photographiés de Strasbourg.

Temple de l'Amour au Parc de l'Orangerie à Strasbourg
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